Oui, l’EFT peut s’intégrer aux soins infirmiers quotidiens, y compris pendant un geste technique. En moins de deux minutes, un protocole court de tapotements permet de faire baisser une anxiété aiguë ou une douleur perçue avant qu’elle ne s’installe. L’intérêt pour le soignant tient justement à cette rapidité : pas besoin d’une salle dédiée ni d’un rendez‑vous, l’intervention se glisse dans le soin lui‑même.
Concrètement, l’EFT (Emotional Freedom Techniques) associe une stimulation légère de points corporels précis à une verbalisation courte du ressenti. Appliquée en service, elle sert surtout à :
- stabiliser un patient anxieux avant un examen ou un soin invasif ;
- réduire le score de détresse subjective (SUD) en quelques minutes ;
- donner au patient un outil qu’il peut réutiliser seul entre deux passages.
Le protocole complet est détaillé plus bas, mais la logique reste simple : observer, rassurer, tapoter, réévaluer.
Points clés
L’EFT s’intègre efficacement aux soins infirmiers quotidiens via un protocole court, cadré par le consentement, et appuyé par des résultats cliniques mesurables dès une seule séance.
| Point | Détails |
|---|---|
| Protocole ultra‑court | Une séquence de 30 secondes à deux minutes suffit pour faire baisser le SUD avant un soin. |
| Preuve clinique disponible | Un essai randomisé montre une réduction significative du stress et du burnout après une seule séance groupale. |
| Intégration hospitalière réelle | Des services comme à Lyon‑Sud ou Calais utilisent déjà l’EFT en complément des soins classiques. |
| Limites à respecter | L’EFT ne remplace jamais une orientation psychiatrique en cas d’idéation suicidaire ou de dissociation. |
| Formation structurée recommandée | Privilégier un parcours certifiant avec supervision plutôt qu’un simple tutoriel isolé. |
Table des matières
- Comment appliquer l’EFT dans les soins infirmiers au quotidien ?
- L’EFT a-t-elle des preuves cliniques pour les infirmiers ?
- Quand ne pas utiliser l’EFT et comment orienter le patient ?
- Quelles formations suivre pour intégrer l’EFT en service ?
- Sources et ressources à consulter
- Ce que l’expérience de terrain révèle sur l’EFT en nursing
Comment appliquer l’EFT dans les soins infirmiers au quotidien ?
L’intégration réussie tient à trois choses : un cadre bref mais réel, une séquence de tapotements maîtrisée, et un script qui ne rallonge pas le soin.
1. Installer le cadre en quelques secondes
Demandez l’accord du patient à voix haute (« Je vous propose une technique de respiration et de tapotements pour vous aider à vous détendre, on essaie deux minutes ? »). Ce consentement oral suffit et doit être noté dans le dossier de soins, même en une ligne.
2. Choisir la séquence adaptée au contexte
La version complète des 14 points EFT reste la référence pour une prise en charge structurée, mais en situation de soin, la version raccourcie à 7 ou 8 points (sommet du crâne, sourcil, coin de l’œil, sous l’œil, sous le nez, menton, clavicule) suffit largement. Notre page sur les 14 points de l’EFT détaille l’emplacement exact de chaque point si vous voulez vérifier votre geste.
3. Utiliser un script court et adapté au motif
- Douleur : « Même si j’ai cette douleur à ce niveau, je m’accepte comme je suis. »
- Anxiété avant un soin : « Même si je suis anxieux à l’idée de cette piqûre, je choisis de rester calme. »
- Peur ou appréhension : « Même si j’ai peur de ce qui va se passer, je suis en sécurité ici, maintenant. »
4. Respecter la durée et surveiller les signes d’arrêt
Une mini‑séance dure entre 30 secondes et deux minutes. Arrêtez si le patient devient plus agité, dissocie ou refuse de continuer : dans ce cas, revenez à une prise en charge classique et documentez l’observation.
**5.
Chez l’enfant, remplacez les phrases par un jeu de « tapotements magiques » guidé par un parent ou un soignant formé. Chez les patients âgés ou très fragiles, réduisez le nombre de points et privilégiez le toucher léger sur la main plutôt que le visage.

Conseil de pro : Ne cherchez pas la perfection du geste. Une séquence incomplète mais rassurante vaut mieux qu’un protocole rigide qui stresse le patient par sa lenteur.
Pour approfondir la logique derrière chaque point et comprendre pourquoi cette séquence fonctionne, la page EFT, principes fondamentaux pour thérapeutes reprend les bases théoriques de façon accessible.
L’EFT a-t-elle des preuves cliniques pour les infirmiers ?
Un essai contrôlé randomisé mené pendant la pandémie de COVID-19 a testé une séance groupale d’EFT en ligne d’environ vingt minutes auprès d’infirmiers en charge de patients atteints du virus. Les résultats montrent une réduction statistiquement significative du stress, de l’anxiété (mesurée par l’échelle STAI) et du score de burnout, avec un seuil de signification inférieur à 0,001 comparé au groupe témoin. Une session a suffi à produire cet effet mesurable.
En France, plusieurs établissements ont rapporté une intégration clinique de la technique :
- le centre hospitalier Lyon-Sud a introduit l’EFT dans la prise en charge des troubles anxieux ;
- le pôle de psychiatrie de Calais l’utilise en prévention du stress post-traumatique.
Ces retours convergent sur un point : l’EFT y est employée comme complément de stabilisation, pas comme traitement de fond, et surtout comme outil d’autonomisation entre deux séances de soin.
Pour suivre l’effet dans votre pratique, trois indicateurs suffisent : le score SUD avant/après (noté de 0 à 10), une échelle d’anxiété simple type STAI courte, et un repérage subjectif du niveau d’épuisement chez le soignant lui‑même. Partagez ces observations en transmission d’équipe : cela permet d’ajuster le protocole et d’identifier les patients qui répondent bien à la technique.
Quand ne pas utiliser l’EFT et comment orienter le patient ?
L’EFT reste un outil complémentaire, jamais un substitut aux soins psychiatriques. Certains signaux imposent d’orienter immédiatement vers l’équipe médicale ou psychiatrique :
- idéation suicidaire exprimée ou suspectée ;
- état dissociatif marqué (regard vide, absence de réponse, désorientation) ;
- symptômes évocateurs d’un épisode psychotique.
Dans ces situations, arrêtez la technique et suivez le protocole de votre service. La page sur les indications de l’EFT précise les contextes cliniques où la technique est pertinente et ceux où elle ne l’est pas.
Le consentement oral et la traçabilité restent non négociables : notez dans le dossier de soins que la technique a été proposée, acceptée, et avec quel résultat observé. Si le patient présente une réaction physiologique intense pendant la séance (pleurs incontrôlables, hyperventilation), interrompez les tapotements, accompagnez la respiration, et restez présent jusqu’au retour au calme avant de reprendre le soin initial.
Quelles formations suivre pour intégrer l’EFT en service ?
Une formation sérieuse en EFT pour soignants doit couvrir trois éléments : une supervision pratique, des cas cliniques réels issus du contexte hospitalier, et une certification reconnue à l’issue du parcours. C’est cette exigence qui distingue une formation solide d’un simple tutoriel vidéo.
Les formations Neolys proposent un parcours e-learning certifiant construit autour de ces critères, accessible même avec un emploi du temps de service chargé. La page L’EFT.TT rassemble par ailleurs des scripts prêts à l’emploi que vous pouvez adapter directement à votre patientèle.
En complément gratuit et immédiat :
- des scripts et audios pédagogiques disponibles via Crealys ;
- des vidéos pratiques sur la chaîne YouTube Hypnose 54 pour visualiser le geste exact.
Le plan de progression le plus efficace reste simple : commencer par une micro‑formation ciblée sur les 14 points, pratiquer sur soi-même pendant une semaine, puis passer à une pratique supervisée avec des patients volontaires avant de généraliser l’usage en service.
| Étape | Ressource |
|---|---|
| Apprendre les bases | EFT : principes fondamentaux pour thérapeutes |
| Mémoriser les points | L’EFT et ses 14 points |
| Récupérer des scripts | L’EFT.TT |
| Se former en profondeur | Formations Neolys |
Sources et ressources à consulter
- Essai randomisé sur l’EFT et le burnout infirmier pendant la pandémie.
- Retours d’intégration clinique au centre hospitalier Lyon‑Sud.
- Pages ressources David Vigneron : principes EFT, 14 points, scripts pratiques.
Ce que l’expérience de terrain révèle sur l’EFT en nursing
La plupart des guides présentent l’EFT comme une technique de bien‑être générique, détachée de la réalité du soin. C’est une erreur de cadrage. Ce qui compte vraiment pour un infirmier, c’est la durée d’exécution et la reproductibilité du geste sous contrainte de temps : un protocole qui demande dix minutes ne survivra jamais à une charge de travail réelle, aussi efficace soit-il en théorie.
Ce que la littérature scientifique confirme, et que beaucoup sous‑estiment, c’est qu’une intervention brève, presque minimaliste, produit un effet mesurable. Une seule session groupale de vingt minutes a suffi à faire chuter des scores de burnout chez des soignants en pleine crise sanitaire. Cela devrait rassurer les infirmiers réticents à l’idée d’ajouter « encore une chose » à leur charge mentale.
Ma conviction, forgée par des années à former des soignants à ces outils : commencez petit, sur vous‑même, avant de le proposer à un patient. C’est la seule façon de gagner la confiance nécessaire pour que le geste reste naturel, et non mécanique.

Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin qualifié. Consultez un professionnel de santé qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.

