Oui : pour le trouble de stress post-traumatique, l’EMDR est une option recommandée qui réduit souvent rapidement l’impact émotionnel des souvenirs traumatiques. Les cas simples s’améliorent parfois en quelques séances, les situations plus complexes demandent davantage de temps, et le choix d’un praticien formé reste déterminant. Les sections suivantes détaillent les preuves disponibles, le déroulé concret d’une séance et les précautions à connaître.
En bref:
- L’OMS classe l’EMDR parmi les interventions à considérer contre le TSPT dans sa mise à jour de 2023, avec un niveau de preuve modéré.
- Une séance dure de 60 à 90 minutes, une à deux fois par semaine ; un traumatisme isolé demande souvent trois à six séances.
- En cas de dissociation sévère, de décompensation psychotique ou d’instabilité émotionnelle majeure, une évaluation pluridisciplinaire précède le travail sur les souvenirs.
- Avant de commencer, vérifiez la certification du praticien et demandez comment il évalue les troubles associés, surtout si votre situation est complexe.
- Des idées suicidaires, une dissociation persistante ou une détresse qui s’aggrave nécessitent de contacter rapidement le praticien ou un professionnel de santé.
Table des matières
- Qu’est-ce que l’EMDR et comment cela fonctionne
- Pour qui l’EMDR est indiquée, et pour qui elle est déconseillée
- À quoi ressemble une séance : les 8 phases, durée et fréquence
- Que disent les études et recommandations internationales
- Effets secondaires, réactions après la séance et précautions à connaître
- Notre expérience et les ressources que nous mettons à disposition
- Intégration de l’EMDR avec l’hypnose ou l’EFT
- Des situations concrètes : douleurs chroniques et stress liés au traumatisme
- Quand privilégier l’EMDR dans un parcours de soin
- Se former à l’EMDR ou se faire accompagner : nos formations Neolys
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’EMDR et comment cela fonctionne
L’EMDR, ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires, a été mise au point par la psychologue américaine Francine Shapiro à la fin des années 1980. Elle repose sur une idée centrale : un souvenir traumatique mal digéré reste stocké de façon figée dans le cerveau, avec ses images, ses sensations et ses croyances négatives intactes. La thérapie vise à relancer ce que les praticiens appellent le traitement adaptatif de l’information, un processus naturel qui permet normalement au cerveau de ranger les expériences difficiles sans qu’elles continuent à faire souffrir.
Les hypothèses neuroscientifiques explorées évoquent un lien entre la stimulation bilatérale et certains mécanismes observés pendant le sommeil paradoxal, période où le cerveau trie et consolide les souvenirs. L’amygdale, impliquée dans la réponse de peur, et l’hippocampe, qui situe un souvenir dans le temps, seraient concernés par ce retraitement, même si les mécanismes exacts restent étudiés.
Concrètement, la stimulation bilatérale alternée peut prendre plusieurs formes :
- des mouvements oculaires guidés de gauche à droite ;
- des tapotements alternés sur les mains ou les genoux ;
- des sons alternés diffusés dans chaque oreille.
Ces mécanismes neurobiologiques des (re)traumatismes éclairent pourquoi certains souvenirs restent aussi vifs des années après l’événement.
Pour qui l’EMDR est indiquée, et pour qui elle est déconseillée
L’indication principale et la mieux documentée reste le trouble de stress post-traumatique, qu’il découle d’un accident, d’une agression, d’un deuil brutal ou d’un événement médical difficile. L’EMDR s’utilise aussi dans d’autres situations, avec des niveaux de preuve variables selon les contextes.
- Phobies dont l’origine traumatique est identifiable, par exemple une peur de conduire après un accident.
- Certains troubles anxieux liés à un événement déclencheur précis.
- Interventions en groupe ou en contexte d’urgence, utilisées par exemple auprès de soignants exposés à des situations de crise.
Cette thérapie n’est pas indiquée sans évaluation préalable chez les personnes présentant une dissociation sévère, une décompensation psychotique en cours ou une instabilité émotionnelle majeure non stabilisée. Dans ces cas, une évaluation pluridisciplinaire s’impose avant d’envisager un travail sur les souvenirs traumatiques, et la coordination avec un psychiatre ou un médecin traitant devient nécessaire.
À quoi ressemble une séance : les 8 phases, durée et fréquence
Le protocole EMDR suit une structure en huit phases, pensée pour avancer progressivement sans brusquer la personne.
- Recueil d’informations : le praticien retrace l’histoire du patient et identifie les souvenirs cibles.
- Préparation : mise en place de l’alliance thérapeutique et apprentissage de techniques d’auto-apaisement, comme la respiration ou l’ancrage.
- Évaluation : le souvenir ciblé est précisé avec l’image, l’émotion, la sensation corporelle et la croyance négative associées.
- Désensibilisation : des sets de stimulation bilatérale sont appliqués pendant que le patient se concentre sur le souvenir.
- Installation : une croyance positive remplace progressivement la croyance négative.
- Scanner corporel : vérification que les tensions physiques liées au souvenir ont diminué.
- Clôture : retour au calme avant la fin de la séance, quel que soit le point d’avancement.
- Réévaluation : au début de la séance suivante, on vérifie ce qui a évolué depuis la dernière fois.
Une séance dure habituellement entre 60 et 90 minutes, à raison d’une à deux fois par semaine. Pour un traumatisme simple et isolé, un nombre relativement faible de séances suffit souvent à obtenir un net soulagement.
Que disent les études et recommandations internationales
L’Organisation mondiale de la santé a intégré l’EMDR dans sa mise à jour 2023 du programme mhGAP, la classant parmi les interventions psychologiques à considérer pour le trouble de stress post-traumatique chez l’adulte, avec un niveau de preuve qualifié de modéré. Cette reconnaissance s’appuie sur plusieurs années de recherche clinique, même si la qualité des études reste hétérogène selon les contextes et les populations étudiées.
L’EMDR figure parmi les interventions psychologiques recommandées pour le TSPT selon–psychological-interventions—adults) la mise à jour mhGAP 2023 de l’OMS, un signal fort pour une thérapie relativement récente comparée aux approches cognitivo-comportementales classiques.
Les synthèses disponibles indiquent des résultats globalement comparables entre l’EMDR et la thérapie cognitivo-comportementale centrée sur le trauma pour réduire les symptômes du TSPT. Les mécanismes d’action exacts restent toutefois en cours d’exploration, et les méta-analyses soulignent une variabilité méthodologique entre les études, notamment sur la taille des échantillons et les critères d’évaluation.

Effets secondaires, réactions après la séance et précautions à connaître
Il est courant de ressentir une fatigue psychique après une séance, parfois accompagnée de rêves plus intenses ou d’une réactivation émotionnelle passagère dans les heures ou les jours qui suivent. Ces réactions traduisent souvent que le processus de retraitement se poursuit, et elles s’atténuent généralement en quelques jours.
- Fatigue ou somnolence inhabituelle le soir de la séance.
- Émotions qui remontent de façon plus vive que d’habitude.
- Sensations physiques (tensions, maux de tête) liées au souvenir travaillé.
Certains signaux demandent une attention immédiate : idées suicidaires, sentiment de dissociation marqué qui ne se calme pas, ou détresse qui s’intensifie au lieu de diminuer. Dans ces situations, contacter rapidement le praticien ou un professionnel de santé reste la bonne démarche.
Conseil de pro : demandez toujours à votre praticien EMDR sa certification et la manière dont il évalue vos éventuelles comorbidités avant de démarrer le protocole.
Les effets après une séance d’EFT suivent une logique similaire de réactivation temporaire suivie d’apaisement.
Notre expérience et les ressources que nous mettons à disposition
Notre parcours part d’un terrain concret : avant de former des praticiens, nous avons exercé comme infirmier, au contact direct de patients confrontés à la douleur et à la détresse psychique. Cette expérience clinique nourrit notre manière d’enseigner l’hypnose, l’EFT et les approches complémentaires au traumatisme, avec une pédagogie centrée sur la pratique. Nous accompagnons un grand nombre de thérapeutes et personnes en reconversion dans l’acquisition de ces compétences.
- L’article sur l’EFT et le traumatisme détaille une approche complémentaire à l’EMDR.
- Nos vidéos et astuces pratiques sont accessibles sur notre chaîne YouTube.
- Avant de choisir une formation ou un praticien EMDR, vérifiez la certification, la supervision clinique proposée et la cohérence entre la méthode enseignée et les recommandations internationales.
Intégration de l’EMDR avec l’hypnose ou l’EFT
L’EMDR ne fonctionne pas en vase clos. Dans la pratique clinique, elle se combine fréquemment avec d’autres approches brèves, chacune apportant une porte d’entrée différente vers le même objectif : désamorcer l’empreinte du souvenir traumatique.
L’hypnose, par exemple, sert souvent d’outil de préparation avant un travail EMDR, en particulier pour renforcer la capacité d’auto-apaisement d’une personne dont le système nerveux reste très réactif. Une induction hypnotique légère peut aider à installer un état de sécurité intérieure avant d’aborder un souvenir difficile, ce qui facilite ensuite les phases de désensibilisation.
L’EFT, ou technique de libération émotionnelle, agit sur un registre voisin mais distinct : elle associe la verbalisation d’une émotion à une stimulation par tapotements sur des points précis du corps. Certains praticiens l’utilisent en alternance avec l’EMDR, notamment lorsque l’intensité émotionnelle d’un souvenir rend la stimulation bilatérale difficile à tolérer d’emblée. L’EFT permet alors de faire baisser la charge émotionnelle avant de reprendre le protocole EMDR dans de meilleures conditions.
Cette complémentarité n’efface pas les spécificités de chaque méthode : l’EMDR reste la seule à structurer le travail autour de huit phases précises et d’une cible mnésique identifiée. Mais associée à l’hypnose ou à l’EFT dans un parcours cohérent, elle gagne souvent en confort pour le patient, sans perdre son efficacité propre sur le retraitement du souvenir.

Des situations concrètes : douleurs chroniques et stress liés au traumatisme
Le lien entre traumatisme ancien et douleur physique persistante est plus fréquent qu’on ne le pense. Une personne souffrant de lombalgie chronique sans cause mécanique claire porte parfois, sans le savoir, une charge émotionnelle non résolue liée à un accident, une chute ou une période de stress intense. Dans ce type de situation, le travail EMDR sur le souvenir déclencheur peut accompagner une diminution de la tension corporelle associée, en complément d’une prise en charge médicale classique.
Autre cas de figure fréquent : le stress post-traumatique lié à un soin médical vécu comme violent, une intervention chirurgicale difficile ou un accouchement traumatique. Ces souvenirs, même anciens, continuent parfois à générer une hypervigilance ou des réactions corporelles disproportionnées face à des situations qui rappellent l’événement initial, par exemple une simple prise de sang. Le retraitement EMDR du souvenir source permet souvent de réduire cette réactivité, sans nier la réalité de l’épisode vécu.
Dans les deux cas, l’EMDR ne remplace jamais un suivi médical pour la douleur ou le stress, elle vient s’y articuler. La Haute Autorité de Santé rappelle d’ailleurs que la prise en charge du psychotraumatisme doit rester globale, associant évaluation somatique, accompagnement psychiatrique si besoin, et travail spécifique sur le souvenir. C’est cette articulation qui donne à l’EMDR sa place, jamais isolée, toujours intégrée à un parcours de soin pensé dans son ensemble.
Quand privilégier l’EMDR dans un parcours de soin
L’EMDR trouve sa meilleure indication quand un souvenir précis peut être relié clairement aux symptômes actuels : flashbacks, évitement, hypervigilance centrée sur un événement identifiable. Elle se combine naturellement avec un suivi psychiatrique lorsque des troubles associés, comme une dépression sévère, nécessitent un accompagnement parallèle, et avec des approches somatiques quand le corps garde une mémoire tenace de l’événement.
Pour un TSPT complexe, marqué par des traumatismes répétés ou remontant à l’enfance, mieux vaut s’orienter vers une équipe pluridisciplinaire capable de coordonner plusieurs approches dans la durée, plutôt que vers une méthode isolée.
— David VIGNERON
Se former à l’EMDR ou se faire accompagner : nos formations Neolys
Comprendre comment fonctionne l’EMDR donne envie, pour beaucoup de professionnels de santé et de praticiens en reconversion, d’aller plus loin dans la maîtrise de cette approche et des méthodes qui l’accompagnent. Nous proposons un ensemble de formations en e-learning pensées pour cela, avec un accès immédiat et illimité aux contenus, des supports téléchargeables et des scripts pratiques utilisables dès les premières prises en charge.

- Le catalogue Formations Neolys regroupe nos parcours en EMDR, EFT, hypnose et approches complémentaires du traumatisme.
- Chaque formation combine théorie clinique et mises en pratique directement transférables auprès des patients.
- Les témoignages d’apprenants soulignent souvent l’efficacité concrète de ces méthodes face aux douleurs chroniques et aux séquelles de traumatismes.
Pour un premier aperçu avant de vous engager, nos vidéos et astuces pratiques donnent un avant-goût concret de notre pédagogie. Si vous souhaitez approfondir votre pratique professionnelle dès maintenant, découvrez notre catalogue de formations.
Cet article constitue une information générale et ne remplace pas l’avis d’un médecin qualifié. Consultez un professionnel de santé qualifié à propos de votre cas personnel avant d’agir sur la base de ce contenu.
Questions fréquentes
Quelles sont les 8 phases de l’EMDR ?
Le protocole EMDR se déroule en huit étapes : recueil d’informations, préparation, évaluation du souvenir cible, désensibilisation par stimulation bilatérale, installation d’une croyance positive, scanner corporel, clôture et réévaluation en début de séance suivante. Chaque phase prépare la suivante pour avancer sans brusquer la personne.
Comment fonctionne la méthode EMDR ?
L’EMDR s’appuie sur une stimulation bilatérale, le plus souvent des mouvements oculaires, pendant que la personne se concentre sur un souvenir difficile. Cela relancerait un processus naturel de traitement adaptatif de l’information, qui permet au cerveau de ranger le souvenir sans qu’il continue à générer autant de détresse.
Comment se sent-on après une séance EMDR ?
Il est fréquent de ressentir une fatigue psychique, des émotions plus vives que d’habitude ou des rêves intenses dans les jours suivants. Ces réactions traduisent généralement que le retraitement du souvenir se poursuit et elles s’atténuent en général assez vite.
Quels sont les risques de l’EMDR et à quoi faut-il être attentif ?
L’EMDR peut provoquer une réactivation émotionnelle temporaire pendant et après la séance, ce qui est attendu dans le cadre du protocole. En revanche, une dissociation marquée qui ne se calme pas ou des idées suicidaires doivent être signalées sans attendre au praticien ou à un professionnel de santé.
Combien de séances d’EMDR faut-il pour un traumatisme ?
Pour un traumatisme simple et isolé, trois à six séances suffisent souvent à obtenir une amélioration nette. Un traumatisme complexe, lié à des événements répétés ou anciens, demande généralement un nombre de séances plus élevé, à évaluer avec le praticien.

